Foot Mercato
13 de outubro de 2026


Depuis le 29 septembre dernier, jour où Manchester City a été officiellement reconnu coupable par la Premier League de 114 infractions financières, les matchs des Cityzens ont une saveur particulière de l’autre côté de la Manche.
Ironie du sort, la première rencontre disputée par les hommes d’Enzo Maresca depuis l’annonce du verdict était le choc face à Liverpool, un adversaire qui était souvent à la lutte avec les Cityzens pour le titre de champion. Sur la pelouse d’Anfield, les partenaires de Rayan Cherki n’ont pas paru affectés par tout le battage médiatique autour de leur club puisqu’ils se sont tranquillement imposés 3 buts à 0.
Demain soir, les Skyblues affrontent le Paris Saint-Germain à l’occasion de la deuxième journée de la Ligue des Champions et il y a fort à parier pour que les joueurs de Maresca fassent encore une fois leur travail sans rien laisser paraître. Cependant, le scandale qui secoue Manchester City a une répercussion que personne n’a évoquée de prime abord.
Si les liens entre le club et Andy Burnham font jaser en raison du statut d’ancien maire de Manchester de l’actuel Premier ministre britannique, The Athletic s’est penché sur le cas de l’un des diffuseurs du championnat anglais, la chaîne Sky. La raison ? Le média doit aujourd’hui faire face à un sacré dilemme.
Sky dispose d’une belle armée de consultants XXL tels que Roy Keane, Daniel Sturridge, Micah Richards, Gary Neville ou encore Jamie Carragher. Autant d’anciennes légendes de Premier League, dont certaines disent clairement ce qu’elles pensent, à l’instar de Keane, qui n’hésite pas une seconde à critiquer Manchester City depuis que l’affaire a éclaté.
« Cela n’a rien à voir avec les joueurs. Micah a évoqué son parcours et le fait d’avoir joué pour City. Cela n’a rien à voir ni avec les joueurs ni avec les supporters, cela concerne uniquement la direction du club. Si on cherche à remporter des titres, il faut le faire honnêtement. On veut pouvoir, en repensant à sa carrière, se dire : “oui, on a tout donné, on gagne certains matchs et on en perd d’autres.” Mais on ne peut pas regarder en arrière et voir ce que City a fait, et ce dont le club a été reconnu coupable. Je sais qu’il y a un appel, mais depuis des années, on ne cesse de vanter les mérites de Manchester City, en disant qu’ils recrutent des joueurs incroyables et que Pep (Guardiola) transforme de très bons joueurs en superstars. C’est la manière dont ils s’y prenaient qui pose problème, ça n’a rien à voir avec les joueurs », déclarait récemment l’ancien milieu de Manchester United.
Le week-end dernier, après la brillante victoire des Cityzens face aux Reds, c’est Gary Neville qui s’est illustré en répondant honnêtement au présentateur du Super Sunday, Mark Chapman, qui lui demandait de dissocier le succès de City du contexte ambiant. « C’est assez difficile. C’est le premier match de Manchester City depuis que les verdicts de culpabilité ont été rendus il y a quelques semaines. Nous étions justement en train d’enregistrer le podcast à ce moment-là, et je disais que si l’on pouvait m’exempter de couvrir les matchs de Manchester City pendant les prochains mois, jusqu’à ce que le verdict soit rendu, j’en serais absolument ravi. Ce n’est pas bon pour la Premier League, c’est vraiment mauvais pour la Premier League. Cela va durer encore quelques mois. » Voir un consultant demander à son employeur de ne plus lui faire commenter les matches d’un cador du championnat a de quoi interpeller. Pour rappel, les droits TV de la Premier League pour la période 2025-2029 ont été attribués en échange de 6,7 milliards de livres sterling, soit environ 7,8 milliards d’euros.
Le montant déboursé par Sky n’est pas officiellement connu, mais la chaîne a remporté 4 des 5 lots mis aux enchères. Autant dire qu’elle a donc payé une très grande partie des 7,8 milliards d’euros. C’est là le cœur du problème.
Quand les consultants de Sky tirent à vue sur Manchester City et remettent en cause l’intégrité de la Premier League, ils dévalorisent le « produit » pour lequel leur chaîne paie une fortune. Vous l’aurez compris, Sky fait face à un sacré dilemme. Le média ne peut pas se saboter, mais il ne peut pas minimiser le scandale non plus, sous peine d’être accusé d’être à la botte de la Premier League.
Et ce n’est pas tout. « Les téléspectateurs de Sky s’attendent à ce que ses journalistes enquêtent sur les fautes de Manchester City avec une objectivité sans faille, tandis qu’une autre branche de la même entreprise négocie avec le club, en tant que détenteur des droits, pour obtenir une interview d’Erling Haaland, diffusée sur la chaîne la semaine dernière avant le match contre Liverpool. C’est, à tous égards, une tâche quasi impossible », écrit The Athletic.
À l’heure où l’annonce des sanctions n’est pas attendue dans l’immédiat, cette nouvelle perception de l’affaire démontre à quel point toute la Premier League espère que le couperet tombe avant la fin de la saison. Afin d’éviter que le malaise ambiant ne s’éternise.
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